Accueil > On parle de nous ! > Autoplus du 24 février 2026

Autoplus du 24 février 2026

mardi 3 mars 2026, par Les Brigades de l’AA

À Ouve-Wirquin, près de Saint-Omer, un musée de voitures anciennes porte encore les stigmates des crues de l’hiver 2023-2024. Entre boue, rouille et toits troués, ses bénévoles se battent pour un patrimoine en sursis.

Dans le calme de la campagne d’Ouve-Wirquin, près de Saint-Omer, rien ne laisse deviner, vu de l’extérieur, le choc encaissé par ce hangar au bord de l’Aa. À l’intérieur, les lignes d’eau sur les carrosseries et les traces de boue rappellent pourtant qu’ici, un musée de voitures anciennes ravagé par les inondations se bat encore pour sauver son patrimoine, selon France 3.
Ce musée associatif, les Brigades de l’Aa, abrite des véhicules qui font le bonheur des cinéastes et des passionnés, dans un coin du Pas-de-Calais frappé par les crues historiques de l’hiver 2023-2024. Trois ans après ces inondations à répétition, les bénévoles se relayent toujours autour des autos meurtries par l’eau, la boue et la rouille. Et la route vers un retour à la normale est encore loin d’être tracée.

Les Brigades de l’Aa, un musée de voitures anciennes frappé de plein fouet par les crues

Pour Jean-Pierre Labitte, vice-président de l’association, le souvenir de ces jours-là reste très vif. En voyant l’eau envahir le hangar en novembre 2023, il raconte que "les bras nous en sont tombés", au micro de France 3. Dans ce musée de voitures anciennes, unique dans les Hauts-de-Franceune cinquantaine de véhicules de collection ont été touchés. L’eau est montée à 30 cm dans le bâtiment installé le long du fleuve Aa, noyant moteurs et transmissions. "Les voitures ont été noyées, les moteurs et les boîtes de vitesses étaient remplis d’eau," explique Jean-Pierre Labitte. "L’eau a stagné dans les véhicules. On a mis à sécher comme on a pu." Les 54 bénévoles ont alors attaqué un travail de fourmi pour évacuer la boue et nettoyer chaque voiture, pensant avoir vécu le pire.
Et puis l’hiver a remis ça. En janvier 2024, une nouvelle montée des eaux frappe le site, encore plus violente. "En janvier 2024, l’eau est montée jusqu’à 70 cm. Ça a été très violent, le portail de l’entrée a été arraché", se souvient Marie Bence, la secrétaire des Brigades de l’Aa. Ce deuxième épisode provoque un "grand découragement" parmi les passionnés. Tout ce qui avait été fait doit être recommencé. "La deuxième inondation nous a demandé beaucoup d’énergie. Il a fallu vidanger tous les moteurs et les boîtes de vitesses", confie encore Jean-Pierre Labitte. Chaque véhicule nécessite des heures de vidange, de démontage, de séchage. Dans ce musée où les voitures ont été vues dans des films et séries comme Les Petits Meurtres d’Agatha Christie, le décor ressemble soudain plus à un chantier de sauvetage qu’à un plateau de tournage.

Boue, rouille et appel à l’aide pour sauver le patrimoine automobile

Trois ans après les crues, les stigmates sont toujours là. Une vingtaine d’autos doivent encore être réparées. "On est en train de démonter les freins, ils sont bloqués à cause de la rouille." Sous les capots, l’eau a laissé des traces durables. Dans le bâtiment, la tempête a aussi arraché une partie de la toiture du musée, jamais remise en état. "Le plus petit devis est à 26 000 euros. Nous n’avons pas les ressources nécessaires pour payer tout ça", reconnaît le vice-président, qui cherche des mécènes pour financer ces travaux indispensables. Faute de moyens, la surface d’exposition a été réduite de moitié, et une partie de la collection reste stockée, en attente de soins. Pour remettre au moins les moteurs en route, l’association a lancé un appel à l’aide au monde de l’automobile ; "L’entreprise Total Énergie a répondu présente en offrant 200 litres d’huile pour moteur", une aide précieuse pour relancer les mécaniques noyées. Ce qui se joue ici dépasse la simple remise en état de quelques voitures. Les Brigades de l’Aa décrivent leur lieu comme "une machine à remonter le temps" qui permet de "garder le patrimoine automobile". Les véhicules retracent l’évolution de la construction automobile, de 1922 avec un Cabriolet Licorne, jusqu’aux années 90. "C’est un témoignage du passé. Les gens peuvent se reconnaître dans les véhicules exposés. Ça leur rappelle des souvenirs." Malgré les dégâts, le musée continue d’avancer : les voitures des Brigades de l’Aa vont bientôt retrouver les caméras, grâce au tournage d’un téléfilm qui a demandé une vingtaine de modèles des années 70. Ouvert tous les vendredis, le site accueille aussi des groupes à partir de 15 personnes sur réservation. L’occasion pour les visiteurs de découvrir ce lieu marqué par les inondations, d’écouter les anecdotes des bénévoles autour de chaque modèle, et, en venant sur place, de soutenir concrètement ce patrimoine automobile qui refuse de se laisser emporter par les crues.


Voir en ligne : Autoplus du 24/02/2026